Conflit sous-acromial et chirurgie

Les douleurs d’épaule sont fréquentes, et on diagnostique encore très souvent un « conflit sous acromial ».

Dès 1972, Neer (chirurgien orthopédique américain) a proposé la réalisation d’une acriomioplastie. Cette chirurgie de l’épaule consiste en une résection d’une partie de l’acromion.

L’idée qui a motivé cet acte chirurgical était qu’un os qui se déforme et devient « crochu » pouvait abimer voire « trouer » des tendons des muscles de la coiffe des rotateurs lorsque l’on bougeait son bras.

Neer a alors publié son article en indiquant avoir réalisé sur 39 patients des acromioplasties dont il juge les résultats « bons ». Les critères d’évaluations sont très flou, et paraissent être très subjectifs.
Ceux qui n’étaient pas améliorés avaient, d’après lui, un « deltoïde trop faible » ou une « douleur résiduelle de la cicatrice ».

Acriomioplastie description procédure chirurgicale

Ces 40 dernières années, c’est sur base de cette publication que des chirurgiens du monde entier se sont basés pour répéter cette procédure.
En décortiquant l’article, il ne s’agissait en fait que d’un écrit où il donnait son avis, sans n’avoir jamais mené d’étude. En gros, il s’agit d’un article type « blog », aucune valeur.

Les études sur cette technique sont apparues bien plus tard. On retiendra notamment celle de Henkus (2009) qui inclut 57 patients a qui on a réalisé une acromioplastie associée ou non à un retrait d’une bourse séreuse (bursectomie). Le suivi à 2 ans et demi montre des résultats identiques d’un point de vue clinique entre les deux groupes. Kolk (2017) a repris cette étude et montre le même résultat sur un suivi à 12 ans.
On peut donc estimer que cette opération n’est pas aussi efficace qu’elle l’aurait voulue.

Et le rapport coût-efficacité ?

On sait qu’il se pratique +/- 50 000 acromioplasties par an en France, dont uniquement l’acte coute environ 700€ (non inclus le suivi chez le chirurgien, l’hospitalisation, la rééducation, l’attelle…). On sait également que les études ne manquent pas sur l’inefficacité de la procédure, n’étant basé sur une aucune preuve. Ainsi, n’épargnerions-nous pas une intervention à tous nos patients ?

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